vendredi 29 janvier 2010

Ouverture aujourd’hui de l'Aéroexpo à Marrakech: Une industrie qui prend de l'altitude

Après sa première participation au Salon de l’aéronautique du Bourget en 2008, le Maroc accueille les industriels de l’aviation jusqu’au 30 de ce mois. Quatre cents exposants, représentant les principaux avionneurs internationaux, sont attendus à la base militaire de la ville. Une occasion aussi de faire le point sur la jeune industrie aéronautique au Maroc.

Le monde des industries aéronautiques fera escale à Marrakech, quatre jours durant, apportant dans ses soutes des offres qui vont de la conception des produits jusqu’à la maintenance des équipements en passant par la modélisation, l’aide au pilotage et à la navigation, la construction et assemblage d’aéronefs, les télécommunications, etc.

“Cette deuxième édition a pour objectif d’accompagner la stratégie du développement de l’industrie aéronautique par le gouvernement marocain et les opérateurs et contribuer à consolider la place de plus en plus importante occupée par les industries de la sous-traitance, la maintenance et de la formation au Maroc” peut-on lire sur le site d’aéroexpo co-organisé par différents partenaires institutionnels et privés dont le ministère de l’Equipement et des transports, les Forces Royales Air et le Groupement des Industriels Marocains Aéronautique et Spatial (GIMAS).

Expos, conférences et acrobaties aériennes

Ce salon, organisé à la base militaire des Forces Royales Air à l’aéroport de Marrakech, s’étend sur une superficie de 60.000 m² qui recevront les stands des 400 exposants. Ahmed Reda Chami, ministre de l'industrie, du commerce et des nouvelles technologies, évoquera lors de l’inauguration la place accordée à l’aéronautique dans le Plan Émergence.

Quant à Hamid Benbrahim El Andaloussi, président du GIMAS, il évoquera la formation dans ce secteur. La conférence portant sur l’évolution de la maintenance des avions sera abordée par Mohamed Bellatig, directeur du centre industriel aéronautique de la RAM.

Il sera également question, entre autres thèmes, de la “gestion des compétences dans le domaine de l'aéronautique” expériences et témoignages à l'appui, qui sera présenté par Thierry Maugis, responsable stratégie et développement économique, Airbus Ets Nantes & Saint Nazaire.

Des shows aériens seront également au rendez-vous pour cette deuxième édition de l’Aéroexpo qui sera ouverte au grand public la journée du samedi.

Une industrie qui se sent pousser des ailes

La participation, pour la première fois, du Maroc au dernier salon du Bourget en 2008 reflète l’émergence de l’industrie aéronautique principalement basée au pôle aéronautique de Nouaceur (Casablanca). Lors du salon parisien, plusieurs conventions avaient été signées notamment celles reliant l’Office national des aérports (ONDA) et le groupe français PROTEC pour l’installation et l’exploitation d’un site de production à l’aéropôle de Nouaceur et avec le groupe MUNDAC pour l’installation d’une unité de fabrication d’outillages aéronautiques dans le même lieu.

En 2008, quand le GIMAS avait rejoint la Confédération Générale des Entreprises Marocaines (CGEM), son président avait déclaré: “Le Maroc est en passe de créer un centre dexcellence dédié à ce secteur qui emploie quelque 6.500 compétences et qui connaît un développement considérable de +30% (…). Plus de 15% des câbleries d'un avion en cours de construction par un avionneur américain sont fabriqués au Maroc.”

lundi 25 janvier 2010

Le Maroc mise sur le stockage d'énergie sous forme d'eau pour produire son électricité

A 200 kilomètres à l'est de Casablanca, au pied de l'Atlas, juste au-dessus de la bourgade d'Afourer, un dispositif hydraulique digne des Shadoks strie la montagne d'un filet clair. Deux réservoirs d'eau de 1,3 million de m3 sont reliés par un "pipeline". Entre les deux bassins, deux unités de production hydroélectrique forment le coeur du système. A certains moments, l'eau descend ; à d'autres, elle monte.

Baptisé station de turbinage et pompage (STEP), ce système permet au Maroc de lisser les variations de production de l'éolien et du solaire et de répondre rapidement aux éventuelles pointes de consommation.

Moins médiatisée que l'éolien et le solaire, l'énergie hydroélectrique se trouve pourtant une place de choix dans le développement des énergies renouvelables. Avec des dispositifs qui se démarquent des barrages classiques. Une STEP fonctionne autour d'un aller-retour. Lorsque le réseau a besoin d'électricité, l'eau est libérée du réservoir haut et dévale dans les tuyaux pour alimenter les turbines des unités de production électrique.

La STEP d'Afourer peut ainsi produire 460 mégawatts (MW), soit l'équivalent d'une centrale à charbon. L'eau déversée dans le bassin inférieur est repompée vers le lac supérieur lorsque le besoin d'électricité, et son prix, sont moindres. En général, la nuit. Au total, le rendement d'une STEP - entre l'énergie produite et celle qui est consommée - est de l'ordre de 70 % à 80 %.

La STEP d'Afourer, commandée au français Alstom, a été mise en place fin 2004. Abdellah Moati, le directeur de la production de l'Office national de l'électricité (ONE), souligne la gestion délicate de la demande en électricité de son pays et le nécessaire stockage d'énergie."Les centrales thermiques classiques, au charbon, qui fournissent une très grande part de l'électricité du pays, fonctionnent de manière optimale lorsqu'elles sont à plein rendement, note-t-il. Le surplus de leur énergie peut être stocké et restitué par la STEP. Par ailleurs, en cas de pointe de la consommation, l'accroissement de la production d'électricité par des centrales à turbines à gaz représentant un coût élevé, il est plus rentable d'utiliser la STEP."

L'équation économique de la STEP d'Afourer est améliorée par le fait que le pompage de l'eau vers le lac supérieur, pendant la nuit, se fait avec de l'électricité importée à coût très compétitif d'Espagne.

Mais l'objectif de l'ONE est aussi la composition avec la STEP d'un portefeuille d'énergies équilibré. Le Maroc affiche l'objectif de produire en 2020 près de 20 % de son électricité grâce aux énergies renouvelables, explique Saïd Mouline, directeur général du Centre développement des énergies renouvelables. Or "l'association de la STEP et des énergies renouvelables offre plus de stabilité dans l'alimentation du réseau", note Adbdellah Saphar, qui supervise pour l'ONE l'exploitation des énergies renouvelables dans le sud du Maroc.

Les STEP peuvent être déclenchées très rapidement, en quelques minutes. Et contrairement à l'hydroélectricité classique, où l'eau n'est pas récupérée, elles sont relativement protégées des risques de sécheresse, même si l'apparition de boues, due à l'assèchement des cours d'eau qui approvisionnent le bassin, peut parfois poser un problème.

"Il y a un regain d'intérêt pour toutes les formes de stockage d'énergie et la STEP répond bien à ce besoin de stockage massif", analyse Cédric Philibert, expert au sein du département des énergies renouvelables de l'Agence internationale de l'énergie (AIE). L'eau offre un stockage d'énergie plus facile et plus long que les sels fondus ou l'hydrogène. Selon les estimations de l'AIE, près de 100 GW de STEP sont installées ou en cours de création dans le monde, et il existerait un potentiel pour multiplier par dix cette capacité.

La France figure parmi les pays déjà conquis : dans l'Isère par exemple, EDF a associé une STEP au barrage de Grand'Maison. De l'autre côté de l'Atlantique, Steven Chu, le secrétaire à l'énergie de l'administration Obama, aime lui aussi souligner le rôle essentiel que peuvent jouer les systèmes de pompage-turbinage pour le stockage de l'énergie.

Des projets à plus long terme envisagent la création de systèmes reliant des bassins de pompage terrestres, ou des atolls artificiels surélevés, et la mer. Au Maroc, convaincu des avantages de la STEP, l'ONE se prépare à en construire une deuxième près d'Agadir et une troisième au nord du pays.
Bertrand d'Armagnac
près de 2.200 faux guides touristiques arrêtés en 2009 à fés

RABAT,Un total de 2.190 faux guides touristiques ont été arrêtés et déférés devant la justice en 2009 pour usurpation de fonction et escroquerie dans la région de Fès, la capitale spirituelle du Maroc, on annoncé mardi les autorités préfectorales locales.


Il s'agit d'une hausse de plus de 50 pour cent par rapport à 2008, selon la brigade touristique, qui dépend de la préfecture. Mais pour Chakib Kabbaj, président de l'association régionale des accompagnateurs et guides de tourisme de Fès, "ces chiffres sont gonflés par la police.

Ils prennent en compte, par exemple, les marchands ambulants arrêtés". "Nous souhaitons que la police qui patrouille dans la médina de Fès –la deuxième plus grande au monde après celle d'Alep en Syrie- ait des moyens humains et financiers plus importants", a expliqué M. Kabbaj à l'AFP.



Selon la brigade touristique, les faux guides ont été apréhendés aux abords des lieux fréquentés par les touristes comme les hôtels, les monuments touristiques, les bazars ou encore les gares. "Ces faux guides dévalorisent la profession en communiquant des informations erronées aux touristes.

Ils prétendent ne pas avoir assez d'argent pour payer l'accréditation prouvant qu'ils sont bien guides", a souligné M. Kabbaj. "Mais elle (l'accréditation) ne s'achète pas. Un guide doit avoir une licence et passer un concours pour être agréé par le ministère du Tourisme", a-t-il rappelé.

Afp